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Les contrôleurs routiers qui les surveillent normalement ne font plus de patrouille depuis mars

Des chauffeurs de «taxis fantômes» qui opèrent illégalement ont rôdé impunément au centre-ville de Montréal pendant la fin de semaine du Grand Prix du Canada, sans que les autorités aient les moyens d’agir.

«C’est un peu le free-for-all ce qui se passe actuellement dans le domaine du taxi et surtout pendant la Formule 1», a laissé tomber le président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ), Jean-Claude Daignault.

Le Journal en a fait l’expérience en fin de semaine en montant à bord de deux «taxis fantômes», comme les désigne le président-directeur général de Taxelco, Frédéric Prégent.

Ni l’un ni l’autre des chauffeurs n’avaient leur permis affiché derrière leur siège, alors qu’ils sont légalement obligés de le faire.

L’un d’entre eux était aussi accompagné de son fils et n’a pas démarré son compteur au départ de la course. Il risque jusqu’à 4000$ d’amendes pour ces infractions, a indiqué M. Daignault.

Dangereux pour les clients

Alors que certains n’ont tout simplement pas de permis et «s’improvisent taxis», d’autres contournent allègrement les règles, déplore le président du syndicat des contrôleurs routiers.

«Ils ne partent pas leur taximètre et mettent des prix fixes qui n’ont pas de bon sens», a-t-il expliqué, soulignant que la recrudescence de ce phénomène est habituelle dans la métropole lors de la fin de semaine du Grand Prix.

Anthony Dondon, le chargé de projet de Taxelco qui dessert notamment l’aéroport de Montréal, s’inquiète aussi pour la sécurité des clients.

«Il y en a qui finissent par être victimes d’agressions ou de viols», s’est-il alarmé.

Ce dernier déplore la fermeture du Bureau du taxi, qui patrouillait dans les rues de la métropole jusqu’en 2022.

Une jungle

Depuis, les contrôleurs routiers ont hérité de cette tâche dont ils étaient déjà chargés dans le reste de la province.

Mais rappelons que depuis mars, ces agents ne font plus de patrouille. Leur travail a été jugé trop dangereux par le Tribunal administratif du travail. Les policiers interviennent parfois auprès des taxis, mais ils n’en ont pas la responsabilité.

«Ça devient une jungle», a ainsi déploré le président de la FCCRQ, soulignant que le manège des taxis fantômes démarre «dès l’arrivée des touristes à l’aéroport», où le problème fait rage depuis des années.

Le Journal y était de passage samedi soir, une soirée «tranquille», selon James Duvervil, inspecteur de Taxelco, la plus importante entreprise de taxi de Montréal.

«Ce soir, ils sont surtout au centre-ville, mais habituellement ils sont ici tous les jours», a-t-il assuré.

«Ils se stationnent devant la porte des arrivées des vols domestiques et vont jusqu’à entrer dans l’aéroport pour aller chercher des clients», a ajouté Anthony Dondon, qui les observe plusieurs jours par semaine.

«Même quand les policiers leur donnent des amendes, ça ne les dérange pas, ils reviennent, parce qu’il n’y a pas de cadre légal pour intervenir correctement, a-t-il déploré. Ça prendrait une volonté politique pour qu’on se donne les moyens d’agir.»