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Un projet d’élargissement et de réaménagement d’une portion de l’autoroute 30 récemment mis sur la glace par manque de budget aurait peut-être permis de sauver une mère et son fils, estime un maire de la Montérégie.

«Il va toujours y avoir des accidents, mais si on réduit les configurations accidentogènes, on va assurément sauver des vies. Le projet prévu permettait de rendre le [secteur] plus sécuritaire», déplore Ludovic Grisé Farand, maire de Saint-Bruno-de-Montarville.

En 2020, le ministère du Transport du Québec (MTQ) a annoncé un projet d’élargissement de l’autoroute 30 entre Brossard et Boucherville. En plus d’ajouter une voie réservée au transport collectif, l’objectif était d’améliorer la fluidité.

Pour ce faire, on prévoyait notamment le réaménagement des bretelles menant vers l’autoroute 20. «La capacité de l’A-30 à cet endroit ne convient juste plus à l’achalandage», explique le maire.

Ralentissements soudains

Pourtant, la fluidité dans ce coin qualifié par plusieurs automobolistes de « dangereux » où passent jusqu’à 81 000 véhicules chaque jour n’est pas à veille de s’améliorer. Au printemps, Québec a mis sur la glace le projet d’élargissement, qui était encore au stade de la planification.

La raison: «Aucun budget n’est disponible à court terme pour poursuivre sa préparation», écrit le ministère sur son site.

C’est dans ce même secteur qu’un poids lourd a embouti mercredi plusieurs véhicules, possiblement lors d’un ralentissement soudain de la circulation. Une situation qui survient fréquemment à cet endroit. La violente collision a coûté la vie à une mère et à son fils de 5 ans.

Le maire Ludovic Grisé Farand déplore vivement le report des travaux, qui auraient pu permettre «d’éviter certains des accidents», comme celui de mercredi après-midi.

En attendant une solution à long terme, il faudrait au moins réaménager les voies avec des blocs de ciment, comme sur la route 132 à Longueuil, estime Pierre Bellemare, expert en reconstitution d’accidents.

«Il y aurait encore de la congestion, mais les ralentissements seraient moins brusques, dit le policier retraité. Mais on aura beau faire n’importe quoi, on n’est pas à l’abri des distractions au volant.»

Le Far West sur les routes

D’ailleurs, les contrôleurs routiers, qui ne peuvent présentement plus patrouiller sur les routes du Québec, s’inquiètent que ça laisse le champ libre aux camionneurs délinquants.

«C’est le Far West. Notre présence sur la route ralentissait les ardeurs, mais on n’est plus là et les chauffeurs le savent», s’alarme Jean-Claude Daignault, président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec.

Le syndicat avait même interpellé le MTQ au début du mois pour l’avertir des dangers. «Tout est en place pour une future catastrophe routière», écrivait-il dans une lettre dont Le Journal a obtenu copie.

Il s’agit du troisième accident mortel impliquant un poids lourd à survenir au Québec en l’espace de deux jours cette semaine.