Voici un article de Radio-Canada Gaspésie

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À New Richmond, l’administration municipale reçoit des signalements de citoyens : nombreux sont les camions qui éviteraient le poste de pesée en empruntant des routes secondaires, pourtant interdites.

Ce sont des voies [municipales] interdites aux camions, explique le président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec, Jean-Claude Daigneault. Mais comme il n’y a pas de surveillance, les camionneurs s’en donnent à cœur joie.

Depuis près de sept mois, les contrôleurs routiers ne peuvent pas intervenir sur les routes. Le tribunal administratif du travail estime que les agents s’exposent à de trop grands dangers, du fait qu’ils ne sont pas armés.

On a eu beaucoup d’accidents mortels dernièrement, s’inquiète Jean-Claude Daigneault, en entrevue dans l’émission Première Escale. Il met notamment en cause la surcharge des camions ainsi que la limite du nombre d’heures de conduite dépassée par les conducteurs. C’est des choses qu’on ne voyait pas, il y a un an, affirme-t-il.

Je suis président de syndicat, alors souvent les gens vont dire que je prêche pour ma paroisse. Mais je suis sincèrement inquiet qu’on soit stationné dans les postes de contrôle et qu’on ne fasse pas notre travail.

Une citation deJean-Claude Daigneault, président de la Fraternité des constables du contrôle routier

Dans la région, il n’y a pas de postes de contrôle hormis celui de New Richmond. De plus, seuls les camions ont l’obligation d’y passer. Avant mars, les agents contrôlaient sur la route les autocars, les taxis et les véhicules de livraison.

À ce temps-ci de l’année, on avait beaucoup d’opérations dans les écoles pour vérifier la conformité des autobus scolaires afin de vérifier qu’ils ne soient pas dangereux, précise Jean-Claude Daigneault.

La grogne, ailleurs au Québec

En début de semaine, des camionneurs ont manifesté sur de grands axes routiers à Montréal, Québec et Trois-Rivières, afin de dénoncer les chauffeurs illégaux. L’inquiétude grandit dans plusieurs régions de la province depuis cet été.

Le Parti québécois demande au gouvernement Legault d’agir pour que les contrôles routiers reprennent. En point de presse jeudi, le député des Îles et porte-parole en matière de transports, Joël Arseneau, décrivait les routes québécoises comme le « far west ».

Au poste, on nous racontait que des poids lourds décident de passer tout droit, sans s’arrêter, en klaxonnant, pour narguer les contrôleurs routiers, mentionne-t-il.

Il y a 70 % des interceptions qui ne sont plus faites parce que les contrôleurs ne patrouillent pas […] On est témoins d’accidents intolérables, déplorables, je dirais aussi évitables.

Une citation deJoël Arseneau, député péquiste des Îles-de-la-Madeleine
Il estime toutefois que cette situation engendre d’importantes conséquences financières, car des infractions ne sont pas distribuées. Dans les six derniers mois, on a perdu huit millions de dollars, lance-t-il, parce qu’il y a des ” pommes pourries ” qui se promènent sur les routes.

L’élu ajoute que les camionneurs illégaux maganent les routes avec une surcharge de poids. À New Richmond, les routes utilisées pour éviter la pesée ne sont pas conçues pour des véhicules lourds, affirme le président de la Fraternité, Jean-Claude Daigneault. Même à charge légale, que les camions puissent circuler là, ça va défoncer les routes.

Le nouveau ministre des Transports, Jonatan Julien, a réagi jeudi dans une déclaration publiée sur Facebook, en indiquant qu’il venait d’entrer en poste, mais qu’il travaillait sur ce dossier tous les jours.