Voici un article du journal Le Devoir
Le président de la Fraternité des constables du contrôle routier attend toujours une confirmation du projet par Québec.
Les contrôleurs routiers se réjouissent de l’intention exprimée par Québec d’armer leur corps de métier — si ce projet se concrétise bel et bien cette fois-ci.
« C’est un enjeu de sécurité », a résumé en entrevue lundi le président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ), Jean-Claude Daigneault.
L’homme a quelques hésitations : il n’a pas reçu de confirmation officielle du ministre des Transports du Québec, Jonatan Julien, mais il a lu la nouvelle dans plusieurs médias qui l’ont rapportée lundi.
« Je suis en attente », dit-il au Devoir. Il rappelle qu’en avril 2024, le ministre des Transports l’avait appelé personnellement pour lui dire que c’était chose faite. Puis la décision avait été bloquée au niveau du premier ministre, indique-t-il.
Cela fait plus de 40 ans que le corps de métier réclame d’être armé pour intercepter les camions, les autobus et autres véhicules qui sont dangereux ou en contravention de diverses lois.
Ses interventions étaient risquées dans les années 1970 et « ça s’est empiré », dit aujourd’hui le président de la FCCRQ.
Le transport lourd sur les routes du Québec a augmenté et le crime organisé s’est immiscé dans le secteur pour le transport de marchandises illégales, dit-il. Plusieurs de ses collègues ont été frappés et blessés au cours des années, sans oublier ceux qui ont dû faire face à une arme à feu pointée en plein visage — ce fut notamment son cas.
Les agents de la faune sont armés, « mais pas nous », rappelle-t-il.
110 000 interpellations par année
Les contrôleurs routiers — qui sont des constables et des agents de la paix — effectuent autour de 110 000 interpellations de camions et d’autres véhicules routiers chaque année. Ils attrapent régulièrement des véhicules volés dans des conteneurs ainsi que des cargaisons de tabac de contrebande et de drogue. « Une des plus grosses saisies de pilules de type fentanyl, c’est nous qui l’avons faite », avance M. Daigneault.
Le public croit souvent que c’est la police qui est responsable de ces grosses prises, « mais c’est nous », explique-t-il.
« On veut juste être capables de faire notre travail sécuritairement. Des chauffeurs avec des mandats d’arrestation contre eux autres, là, on en pogne régulièrement. Mais à un moment donné, je fais quoi avec, là ? »
Sans oublier tous ceux qui conduisent leur voiture et qui ignorent que les contrôleurs ont le pouvoir de les interpeller. Ce qui mène à des altercations et à une remise en question parfois agressive quand les conducteurs concluent — à tort — que ces constables non armés n’ont pas le droit de leur poser des questions.
Depuis sept mois, les contrôleurs routiers ne sont plus sur la route. Ils doivent demeurer dans leurs postes de pesée, aux abords des routes. C’est le résultat d’un jugement rendu en mars par le Tribunal administratif du travail, qui juge que le travail des contrôleurs n’était pas sécuritaire et qui a ordonné la suspension des interceptions non planifiées sur les routes.

