Voici un article de La Presse
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Le chauffeur a assuré son employeur qu’il n’était « pas sur le téléphone »
Alexandre Messier, le chauffeur impliqué dans l’accident qui a coûté la vie à une mère et à son fils, le 27 août 2025, n’a jamais retravaillé pour l’entreprise qui l’employait. Il a affirmé à son employeur qu’il n’était pas au téléphone lors du drame.
L’homme de 25 ans qui a embouti la voiture dans laquelle circulaient Tanya Lalonde et son fils Eliott, 5 ans, a été décrit par ses employeurs comme une personne « minutieuse » jeudi à l’enquête publique du coroner sur les collisions mortelles impliquant des poids lourds.
Claudia Larivière, la présidente de Therrien et Fils, et Michel Therrien, président de l’entreprise 9380-9739 Québec inc., ont été interrogés sur les explications que leur avait fournies leur employé.
« C’est quoi, la cause de l’accident ? », a demandé le coroner Dave Kimpton à M. Therrien.
« On ne le sait pas », a dit l’homme. « J’ai essayé de le rejoindre au début. Ça a pris quasiment deux semaines avant qu’il me réponde. Je lui ai posé des questions, c’est sûr, c’est ma compagnie, je voulais savoir ce qui s’était passé », a-t-il déclaré.
Il m’a dit : “Je n’étais pas sur le téléphone, mais mon avocat m’a dit de ne pas te parler”.
Alexandre Messier a témoigné mercredi devant le coroner. Toutefois, comme le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) analyse ce dossier, son témoignage est frappé d’une ordonnance de non-publication temporaire.
Michel Therrien a décrit ses employés comme « de la famille ». « Hier [mercredi], je l’ai appelé pour savoir comment il allait. Il m’a dit : “Ça va pas pantoute, je me suis fait poivrer. Bye.” Et il s’est mis à brailler », a-t-il relaté.
« Il a un enfant de 2 ans. Il est démoli, ce gars-là. Je comprends que la famille [des victimes] est démolie, et je sympathise avec tout ça. Même nous, quand on passe sur la 30, c’est impossible de ne pas brailler », a déclaré Michel Therrien.
La fatigue en cause ?
Le conducteur du poids lourd était-il fatigué le jour de la collision ? C’est une question qui a été soulevée dans les derniers jours à l’enquête publique.
Des documents déposés montrent que la semaine avant l’accident fatal, Alexandre Messier avait fait de longues journées, parfois près de 15 heures par jour.
« Il a dépassé la limite maximale de 13 heures », a déclaré Me André Fiset, qui représente la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ).
Le 22 août, soit cinq jours avant l’accident, l’homme a commencé sa journée à 4 h du matin pour la terminer à 18 h 15.
« Il n’y a pas une lumière rouge qui s’est allumée chez vous pour dire qu’on lui en demandait peut-être beaucoup, au chauffeur Alexandre ? Vous n’avez peut-être pas réalisé qu’il dépassait largement ce qui était légalement permis ? », a demandé Me Fiset.
« S’il nous avait dit qu’il était fatigué, il n’aurait pas fait son dernier voyage. Et il y a beaucoup de temps d’attente dans les dompes », a déclaré Claudia Larivière, la présidente de Therrien et Fils. « Ce n’est pas juste des heures de conduite », a-t-elle ajouté. De même, a-t-elle précisé, s’il avait demandé une journée de congé, il l’aurait obtenue.
Plus tôt cette semaine, une paramédicale qui était dans l’ambulance qui a transporté Alexandre Messier vers l’hôpital, le jour de l’accident, a témoigné que l’homme lui a déclaré que cette journée-là, « son boss lui a demandé de faire un voyage de plus que prévu ».
« Il ne semblait pas content d’avoir eu un autre voyage à faire », a affirmé Caroline Robert.
La propriétaire du camion, Claudia Larivière, assure que son chauffeur n’a jamais été « forcé de faire un dernier voyage » le 27 août 2025.
Depuis l’accident, a-t-elle dit, l’entreprise a installé des caméras embarquées (des dash cams) sur ses véhicules.
« Les chauffeurs savent qu’ils doivent être vigilants, rester concentrés sur la route, respecter leurs heures », a-t-elle dit. « Je suis maman de trois enfants. Ça m’a bouleversée », a déclaré en larmes Mme Larivière.

