Voici un article du Journal de Montréal sur les faux permis faits en Chine.

Jean-Claude Daignault président de la Fraternité est cité dans l’article

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Commander un faux permis de conduire québécois en ligne Made in China est un vrai jeu d’enfant. Des experts sonnent l’alarme : ces fausses cartes peuvent servir à des camionneurs qui deviendront de véritables dangers sur les routes ou encore à des criminels qui iront commettre toutes sortes de fraudes.

En quelques clics, notre Bureau d’enquête a pu se faire livrer deux faux permis fabriqués en Chine. Il ne nous a fallu que deux identités fictives et 120 $ chacun pour recevoir discrètement par la poste à Montréal des documents contrefaits pratiquement identiques aux vrais.

Plus inquiétant encore, le vendeur a accepté d’ajouter à nos permis les classes normalement réservées aux conducteurs de camions lourds. Aucune vérification n’a été effectuée.

« Ces documents-là peuvent faciliter plusieurs types de fraudes », alerte Frédéric Blais Fernandez, expert en sécurité informatique et associé du Groupe ITCS.

« C’est très inquiétant, prévient Jean-Claude Daignault, président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec. Si ça se vend, c’est que les gens les utilisent sans nécessairement avoir de formation pour conduire ».

Capture d’écran de la page principale du site web d’IDCACA

Notre Bureau d’enquête a constaté la facilité déconcertante avec laquelle il est possible de commander de faux permis.

Notre Bureau d’enquête a constaté la facilité déconcertante avec laquelle il est possible de commander de faux permis. Photo FRANCIS HALIN
Plus de 6500 faux permis

Notre enquête nous a conduits au site IDCACA, que la firme de cybersécurité CloudSEK associe à un important réseau de faux documents. Ce groupe de fraudeurs aurait vendu plus de 6500 faux permis de conduire au Canada et aux États-Unis entre 2023 et 2025.

Le réseau serait lié à un suspect basé dans la région de Xiamen, dans la province du Fujian, au sud-est de la Chine. Nous avons tenté d’obtenir un entretien avec un responsable d’IDCACA après l’achat de nos permis falsifiés, mais notre requête est restée sans suite.

« Des possibilités infinies »

Pour les experts, les conséquences dépassent largement l’utilisation de fausses cartes pour entrer dans un bar.

« Une fois que vous avez un faux permis, les possibilités sont infinies », expose Ibrahim Saify, analyste chez CloudSEK, qui a réalisé l’étude avec son collègue Sourajeet Majumder.

Des dossiers judiciaires consultés par notre Bureau d’enquête montrent que de faux permis ont servi à commettre des fraudes, des usurpations d’identité et de fausses représentations au Québec.

Le phénomène soulève une autre question explosive : des chauffeurs de camion ont-ils obtenu leur permis sur internet ?

Les chercheurs de CloudSEK ont découvert qu’un client d’IDCACA avait commandé 42 faux permis commerciaux différents à l’aide d’une adresse courriel associée à deux entreprises de camionnage américaines.

Simon-Pierre Poulin, porte-parole de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), estime que « les enjeux en matière de sécurité routière sont donc limités ». Il explique que, « lors d’une interception ou d’un contrôle, les agents de la paix vérifient la validité d’un permis en consultant les banques de données de la SAAQ ».

Mais encore faut-il que les contrevenants soient interceptés, selon André Durocher, ex-policier et directeur de la Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière, qui appelle à resserrer au plus vite les règles pour protéger la population.