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Des contrôleurs routiers craignent des catastrophes sérieuses sur les routes du Québec si leurs fonctions de patrouille ne sont pas rétablies. Un risque exacerbé sur la Côte-Nord vu le manque de personnel : on ne compte que deux agents pour l’ensemble du territoire.
Depuis mars, le Tribunal administratif du Travail (TAT) interdit aux contrôleurs routiers d’effectuer des patrouilles sur le terrain, les obligeant à opérer depuis leurs postes de contrôle. Cette décision a été rendue en raison de la nature dangereuse de leur profession et du fait qu’ils ne sont pas armés.
Pour Jean-Claude Daignault, le président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ), cette situation a le potentiel de rendre les routes plus dangereuses.
C’est certain qu’on entend de l’information comme quoi il y a des véhicules dangereux qui circulent dans certains endroits. Si on était là, on pourrait les remiser, corriger leurs défectuosités mécaniques ou autres, mais maintenant on ne peut pas le faire
, se désole le contrôleur.
Les contrôleurs routiers sont des agents qui relèvent de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) qui surveillent et contrôlent le transport de personnes et de biens. Ils préviennent et répriment les infractions pour améliorer la sécurité routière, protéger le réseau et maintenir l’équité concurrentielle. Ils inspectent les véhicules et enquêtent pour assurer leur conformité aux lois et règlements.
Il explique que les contrôleurs passent normalement 70 % de leur travail sur le terrain, ce qui représente environ 72 000 interventions sur les routes du Québec par an.
Je m’attends à une catastrophe routière, j’ai vraiment des craintes sérieuses.
Des « délinquants » sur les routes
Malgré l’étendue de son territoire, la Côte-Nord ne compte que deux contrôleurs routiers en poste. Tous deux sont attitrés au seul poste de contrôle de la région : celui de Pointe-Lebel, qui est facilement contournable.
Selon Marc Cadieux, le PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), cette situation facilite grandement le travail des contrevenants qui voudraient éviter les zones de contrôle.
Certains vont complètement faire fi de s’arrêter aux postes de balance et passer tout droit, sachant évidemment que les contrôleurs n’iront pas les intercepter pour avoir omis de s’arrêter
, dit-il.
De plus, cette potentielle affluence de délinquants
, comme Marc Cadieux les appelle, nuit gravement à la compétitivité de l’industrie, selon lui.
Nous sommes confrontés à un marché qui engage des chauffeurs illégaux, donc des chauffeurs à rabais
, précise le PDG. Si vous avez un compétiteur qui engage ces chauffeurs, qui n’entretient pas ses équipements et qui contourne les vérifications, c’est une compétition déloyale.
Appel à l’action
L’ACQ a adressé une lettre au premier ministre du Québec, François Legault, le premier mai dernier, invitant le gouvernement à intervenir pour rétablir le travail de patrouille des contrôleurs routiers de manière adéquate.
Le gouvernement doit prendre position et doit régler cette situation politiquement. C’est une décision du TAT qui date de mars et en ce moment, on a aucun signe de règlement à l’horizon
, déclare Marc Cadieux.
Le cabinet de la ministre du Transport et de la Mobilité durable n’a pas encore répondu à nos demandes d’entrevue.

