Jean Claude Daignault à Mario Dumont TVA

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Une véritable «catastrophe routière» se profilerait au Québec, alors que la formation déficiente des camionneurs alimenterait la multiplication des accidents mortels impliquant des poids lourds.

C’est du moins l’avis du président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec, Jean-Claude Daignault.

Ce dernier estime que la hausse des accidents mortels impliquant des poids lourds n’a rien de surprenant dans un contexte où certains chauffeurs ne possèdent même pas les compétences de base pour manœuvrer leur véhicule.

«Si on parle de la formation des camionneurs au Québec, on est vraiment ailleurs. Dans le sens qu’on ne peut pas être plus bas qu’on est là, affirme M. Daignault, en entrevue avec Mario Dumont sur les ondes de LCN, jeudi. Et ça, ça a un impact sur la conduite de ces véhicules-là.»

Il rapporte avoir observé à plusieurs reprises des camionneurs incapables de reculer leur semi-remorque dans les postes de contrôle.

«Les chauffeurs sortent, puis demandent à des chauffeurs québécois: ʺpeux-tu reculer mon camion?”, parce que lui n’est pas capable de le faire.»

Absence des contrôleurs routiers

Le problème dépasse la question des compétences au volant. Depuis près de six mois, la majorité des constables du contrôle routier ne patrouillent plus le réseau routier.

Confinés aux postes de balance, ils sont limités dans leurs fonctions à la suite d’un jugement de la cour qui a statué que, sans être armés, ils ne pouvaient pas exercer pleinement leur travail sans être à risque.

Selon M. Daignault, tous les éléments sont réunis pour «une catastrophe routière» en raison de la chute drastique des interventions sur les routes.

«On faisait à peu près 70 000 interventions sur les routes du Québec dans les villes et les villages, précise-t-il. On ne les fait plus. Pouf! Coup de baguette magique, c’est disparu. […] Maintenant, on roule à 30 % de notre capacité d’intervention.»

Si l’absence de contrôle favorise les contournements et le transport de matières dangereuses sur les trajets, elle contribuerait encore plus à augmenter les risques d’accident.

«C’est sûr que c’est contributif, note Jean-Claude Daignault. Pour moi, c’est clair comme de l’eau de roche […] Tout est en place pour une catastrophe routière.»

Mercredi après-midi, une femme et un jeune enfant ont péri dans une violente collision sur l’autoroute 30, le troisième accident mortel impliquant un poids lourd en deux jours dans la province.