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Malgré les compressions budgétaires, la SQ gardera les camions à l’œil, dit le syndicat des policiers
La Sûreté du Québec, c’est le dernier filet de sécurité contre les délinquants de la route lorsque les contrôleurs routiers ne sont pas autorisés à faire de la patrouille de surveillance et d’inspection des camions lourds, comme c’est le cas présentement.
Sauf que le gouvernement du Québec a demandé à la SQ de retrancher 120 millions $ de dépenses, dans un effort de rigueur budgétaire. Cette somme représente environ 10% des dépenses annuelles de la SQ, dont le budget est déficitaire depuis plusieurs années.
Premier plan rejeté
La direction du corps policier a présenté un premier plan de compressions plus tôt cette semaine, qui prévoyait notamment la fermeture de postes de police dans certaines régions et l’élimination de patrouilles de nuit, ce qui n’augurait rien de bon pour le maintien de la conformité dans le secteur du transport par camion.
« Quand on arrive à des coupes de 120 millions, là, on tombe ultimement dans le service aux citoyens, le service à la population. C’est inacceptable », avait alors écrit l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) sur son compte LinkedIn.
Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, a cependant rejeté ce scénario et a retourné la SQ à la table à dessin afin que les coupures budgétaires n’affectent que les services administratifs, sans effet sur le terrain.
« On m’a confirmé que les second plan va n’être que de nature administrative. Ils ne vont pas toucher aux opérations », indique Dominic Roberge, président de l’APPQ en entrevue à Transport Routier.
Appui aux contrôleurs routiers
Il reste que 120 millions de dollars, ça représente 1 200 emplois à 100 000 $ par année. La SQ peut-elle couper autant de postes sans que ça finisse par se refléter sur le terrain?
« Si vous voulez mon avis, la Sûreté va présenter un plan de compressions au niveau administratif. Est-ce qu’il va être à la hauteur de ce que le gouvernement demande? À mon humble opinion, la réponse c’est non », estime le dirigeant syndical de la SQ.
Quant au rôle de soutien des policiers qui appuient les contrôleurs routiers lors d’opérations conjointes, M. Roberge tient à rassurer l’industrie du transport par camion.
« Il ne devrait pas y avoir d’impact à ce niveau-là. Autant eux que nous, on souhaite la sécurité des camionneurs et des usagers de la route », dit-il au sujet de la relation de collaboration qui existe entre les deux organisations de maintien de l’ordre.
D’ici à ce que les contrôleurs routiers disposent de tous les outils pour recommencer à patrouiller, les agents de la SQ continueront donc d’assurer le respect du code de la sécurité routière par les camionneurs, qu’il s’agisse d’excès de vitesse ou encore de l’utilisation d’un téléphone cellulaire au volant.
Pas tous les pouvoirs des contrôleurs routiers
Ça peut sembler étrange, mais les contrôleurs routiers disposent de pouvoirs que les agents de la SQ n’ont pas, précise M. Roberge, notamment au niveau de l’inspection des camions.
« C’est la raison pour laquelle on arrive à des opérations conjointes », dit-il au sujet de la collaboration avec les contrôleurs routiers.
« Les deux ont un bout de travail à faire et les deux sont complémentaires. »
« À la Sûreté du Québec, certains patrouilleurs ont une formation spécialisée et sont capables de faire une partie du travail des contrôleurs routiers mais c’est un mince échantillonnage par rapport à l’ensemble des policiers qui interviennent sur le réseau routier », explique le président de l’APPQ.
Bref, l’uniforme n’est pas le même mais des représentants des forces de l’ordre continuent de sillonner les routes du Québec pour intercepter les camionneurs qui ne respectent pas les lois.

