Voici un article de Radio-Canada
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Le retrait des routes des contrôleurs routiers depuis le printemps dernier inquiète dans Charlevoix. À Baie-Saint-Paul, on craint une hausse du non-respect des mesures de sécurité dans les côtes par les conducteurs.
Le maire de la municipalité de 13 000 habitants est préoccupé. Habituellement, avec leur vue panoramique, les côtes qui encerclent Baie-Saint-Paul font partie de son charme. Mais elles suscitent surtout de l’inquiétude ces jours-ci.
Au quotidien, des gens nous rapportent que tel ou tel camion ne fait pas ses tests de frein
, déplore Michaël Pilote. Ces tests doivent être faits dans les aires de vérification des freins par tous les véhicules pesant plus de trois tonnes avant de descendre la côte qui mène à la municipalité sur la route 138.
Or, depuis le printemps, les contrôleurs routiers ne patrouillent plus dans le secteur. Leur absence se fait sentir.
Plusieurs décident de ne pas faire les tests d’arrêt obligatoires qui sont juste à l’aube des côtes de Baie-Saint-Paul, ce qui fait en sorte que ça, c’est très dangereux
, déplore-t-il.
Des patrouilles à l’arrêt depuis mars
Cette pause forcée de la patrouille a été imposée par le Tribunal administratif du travail (TAT) en mars dernier.
Après une plainte de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec, la juge avait estimé que le danger d’agression
auquel les agents sont soumis compromet leur sécurité et leur intégrité physique et psychologique
. Elle avait alors ordonné la suspension de leurs activités de patrouille partout au Québec.
Les contrôleurs sont pour l’instant confinés aux postes de contrôle routier. Or, celui de Charlevoix n’est plus en service depuis quelques années.
L’an dernier seulement, les contrôleurs routiers ont effectué 817 interventions sur le territoire de Charlevoix, d’après des données de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ).
On interceptait les gens. [Ils avaient] oublié de faire leurs contrôles de frein? On les ramenait, ils les faisaient. Puis parce qu’il y avait beaucoup, beaucoup d’éducation à faire là-dessus. Mais tout ça, ça se fait plus, plus du tout
, regrette Jean-Claude Daignault, le président de la Fraternité.
Le syndicat réclame maintenant que ses membres puissent porter une arme lorsqu’ils travaillent.
Si le gouvernement prend une décision, admettons la semaine prochaine, on va pouvoir aller faire former des contrôleurs routiers à l’école de police. Pour l’armement, on parle d’une arme de service, c’est deux semaines
, estime-t-il.
Un accident en juin
Parmi les citoyens préoccupés par le non-respect des mesures de sécurité dans les côtes surplombant Baie-Saint-Paul, il y a Guy Tremblay.
Le propriétaire de la Compagnie Tremblay, sur la route 138, a eu très peur en juin dernier, alors qu’un poids lourd qui descendait la côte a foncé dans la devanture de son magasin.
Ce que j’entends dans mon cerveau, c’est l’impact avec la brique, la pierre
, se remémore-t-il. Quand il y a des contrôleurs routiers, ça diminue la vitesse
, soutient-il.
L’accident a fait un mort et l’enquête pour déterminer ses causes est toujours en cours. Mais il a réveillé de mauvais souvenirs ici.
La région de Charlevoix, elle, dispose de la pire tragédie routière en Amérique du Nord, rappelle Michaël Pilote. On ne veut pas que ça se reproduise
, faisant référence à la tragédie des Éboulements, qui a fait 44 morts en 1997.
Des proportions à l’étude
Par écrit, le cabinet de la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, indique qu’il travaille étroitement avec la SAAQ, responsable des contrôleurs routiers, pour mettre en place les ajustements nécessaires
.
Nous sommes également en communication constante avec le syndicat, et plusieurs de leurs propositions sont analysées sérieusement avec l’aide d’experts
, ajoute-t-il, précisant qu’il souhaite un retour rapide sur le terrain, mais dans un cadre rigoureux, sécuritaire et conforme.
Toujours par écrit, la SAAQ assure qu’elle s’applique actuellement à mettre en œuvre des moyens qui permettront de répondre aux ordonnances contenues dans le jugement du TAT.
Elle cite en exemple « l’accès au Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ), la révision de la formation des contrôleurs routiers [et] la révision de certains aspects en matière de santé et sécurité au travail ».
Le maire Michaël Pilote confirme pour sa part que le ministère des Transports a accepté la demande de sa Municipalité de former un comité sur la sécurité routière ville/ministère à Baie-Saint-Paul
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