Voici un article de Radio Canada sur le travail des contrôleurs routiers
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Entrevue de Jean-Claude Daignault
Les agents pourraient être munis d’une arme de service à compter de l’année 2026.
Le gouvernement du Québec projette de munir les contrôleurs routiers d’armes à feu, selon une information publiée dans le Journal de Montréal que Radio-Canada a confirmée.
D’après nos sources, la décision finale de doter les contrôleurs routiers d’une arme de service doit être prise officiellement cette semaine par les membres du Conseil des ministres.
Si la décision est prise, les contrôleurs ne porteront pas de pistolet à leur ceinturon avant 2026 en raison des délais d’achats des équipements et de la formation au maniement d’armes qu’ils devront suivre à l’école de police de Nicolet.
Il était question au début de munir les contrôleurs de pistolets à impulsion électrique pour se défendre, mais on aurait finalement opté pour le port d’une arme à feu.
L’approbation du Conseil des ministres n’est cependant pas qu’une simple formalité.
Selon la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec, les ministres François Bonnardel et Geneviève Guilbault, qui étaient respectivement ministre de la Sécurité publique et ministre des Transports, avaient proposé en 2024 d’armer les contrôleurs routiers. La proposition aurait été refusée au bureau du premier ministre, selon le syndicat.
Questionné au micro du Midi Info sur cette volonté de Québec d’armer ses membres, le président de la Fraternité des contrôleurs routiers du Québec, Jean-Claude Daignault, a déclaré ne pas avoir été contacté préalablement par le gouvernement et avoir appris la nouvelle dans les médias.
De retour sur les routes, un an plus tard
En attendant une décision du gouvernement, les contrôleurs routiers pourraient recommencer à patrouiller sur les routes, mais avec la collaboration de policiers de la Sûreté du Québec pour assurer leur sécurité.
Rappelons qu’une décision du Tribunal administratif du travail (TAT), rendue en mars dernier, avait ordonné la suspension des patrouilles des contrôleurs routiers du Québec pour des raisons de sécurité.
Après de multiples agressions contre ses membres, la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec avait réclamé des changements pour assurer la sécurité de contrôleurs dans l’exercice de leurs fonctions.
On fait autour de 110 000 interceptions par année. Il y a des chauffeurs qui nous foncent dessus avec leur véhicule, il y en a qui sont recherchés, d’autres qui sont armés parfois de battes de baseball ou d’autres armes de proximité.
Or, après plusieurs plaintes à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le syndicat avait finalement décidé de porter plainte au TAT.
Après 20 jours d’audience, le TAT avait donné raison au syndicat. Depuis, les contrôleurs ne patrouillent plus sur les routes du Québec et procèdent à l’interception des camions lorsqu’ils se présentent aux pesées routières.
Les contrôleurs routiers relèvent de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Leur rôle consiste à surveiller et à contrôler le transport de personnes et de biens. Ils inspectent les véhicules de transport et les bus et enquêtent afin d’assurer leur conformité aux lois et règlements.
Contrôleur routier, c’est un travail policier. On n’est pas des policiers. On ne veut pas les remplacer, mais on veut être capables de faire notre mandat
, a expliqué M. Daignault en précisant que les contrôleurs sont les seuls agents de la paix à ne pas être armés.
De nombreux accidents impliquant des camions lourds
Mais sans la présence de patrouilleurs sur le réseau, la multiplication des chauffeurs de camion illégaux et des véhicules qui ne sont pas sécuritaires ou en règle inquiète autant les camionneurs que les autres usagers des routes.
Plusieurs accidents graves de la route impliquant des chauffeurs de camion illégaux survenus ces dernières semaines ont relancé le débat sur l’absence de contrôleurs sur les routes pour veiller à l’application des lois sur le camionnage et le transport.
Le recours à des chauffeurs non qualifiés et/ou à des véhicules non conformes constitue également une concurrence déloyale pour les entreprises de transport respectueuses des lois.
Excédés par la situation, des centaines de camionneurs avaient manifesté, le 22 septembre dernier, sur les routes du Québec pour réclamer le retour des patrouilles de contrôleurs routiers.
Le 10 octobre dernier, le coroner en chef du Québec a par ailleurs ordonné une enquête publique sur les décès impliquant des camions lourds, en réponse à une demande du ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière.

