Voici un reportage vidéo de Radio-Canada

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Des représentants de l’industrie du camionnage sur la Côte-Nord saluent les mesures d’Ottawa et de Québec pour serrer la vis aux « chauffeurs inc. ». Or, selon eux, il reste du travail pour endiguer une situation qui crée une concurrence déloyale et menace la sécurité sur les routes.

Il y a un grand pas de fait, déclare le PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, au sujet de la décision fédérale d’instaurer le formulaire T4A obligatoire dans le secteur du camionnage.

Ce document, qui permet de déclarer les sommes payées au sous-traitant, n’était pas imposé depuis 2011. Une situation qui incitait les entreprises de transport à recourir plus fréquemment à des chauffeurs indépendants qui n’ont pas toujours les compétences, ni même les permis de conduire nécessaires.

Marc Cadieux dénonce la concurrence déloyale engendrée par le phénomène et rappelle l’importance de la responsabilisation de tous les acteurs de l’industrie. Il utilise l’exemple des grands expéditeurs qui, selon lui, ferment parfois les yeux sur les tarifs anormalement bas de certains transporteurs.

Le propriétaire du Groupe FG, Frédéric Gagnon, offre des services de transport spécialisé et de remorquage à Sept-Îles. Il déplore que les chauffeurs inc. cassent les coûts de transport en ne respectant pas les normes de l’industrie.

C’est carrément déloyal, comme compétition. Nous, on paye des assurances, eux généralement, leurs camions ne sont pas assurés.

Une citation de
Frédéric Gagnon, propriétaire du Groupe FG

Un enjeu de sécurité

La sécurité sur les routes est un autre aspect soulevé par l’entrepreneur, qui témoigne d’accidents graves causés par des chauffeurs illégaux. Frédéric Gagnon s’inquiète du nombre d’accidents qui pourrait survenir si des règles plus sévères contre les contrevenants ne sont pas appliquées.

De récentes mesures pourraient cependant améliorer le portrait. Vendredi, Québec a annoncé la mise en place d’une formation minimale obligatoire de 125 heures pour l’obtention d’un permis de classe 1. Celle-ci sera offerte à compter du 15 décembre.

Pour sa part, le président de Sept-Îles et Port-Cartier pour l’association nationale des camionneurs-artisans, Patrick Lelièvre, croit que l’instauration de cours obligatoires pour les nouveaux camionneurs est une « très bonne chose ».

Toutefois, la mesure la plus urgente, selon lui, est de ramener les contrôleurs routiers sur le terrain. À ses yeux, l’absence de surveillance sur les routes annule l’efficacité des nouvelles réglementations.

Patrick Lelièvre insiste sur le fait que la fraude dans l’industrie du camionnage est un problème collectif et que certaines pratiques des chauffeurs indépendants causent des bris sur les routes.