Québec est encore bien trop mou avec les « chauffeurs au rabais » malgré les nouvelles mesures annoncées ce jeudi, selon l’association des contrôleurs routiers.
« C’est mettre un plaster sur une hémorragie, dénonce en entrevue au Journal Jean-Claude Daignault, président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ). Ça n’aura aucun impact sur la route ».
« Il faudra être capable d’arrêter le transport de marchandises sur-le-champ quand on constate que la compagnie utilise ce stratagème-là, ajoute-t-il. Par exemple, lorsqu’elles excèdent les heures de conduite et la capacité de charge du véhicule. »
Jeudi, le gouvernement Fréchette a imposé de nouvelles exigences aux camionneurs ontariens qui s’installent au Québec.
On a resserré les règles des « chauffeurs au rabais » ayant moins de deux ans d’expérience en leur imposant des examens pratiques.
Chaque année, plus de 375 camionneurs de l’Ontario demandent en moyenne la conversion de leur permis de conduire en équivalent québécois.
Depuis 2019, Ottawa a permis à près d’une centaine d’entreprises de camionnage ayant enfreint les lois du travail ou commis d’autres infractions de recruter des travailleurs étrangers temporaires, selon le Globe and Mail.
Au Québec, une enquête publique est en cours sur les décès liés aux camions lourds. Depuis le 15 décembre dernier, une formation est obligatoire pour conduire un camion de type 18 roues.
D’après Marc Cadieux, PDG de l’Association du camionnage du Québec, les nouvelles mesures annoncées par Québec sont « un pas dans la bonne direction », mais il en faudra plus.
« Le travail doit se faire à travers le Canada. Oui, ça fait 375 camionneurs par année de moins, mais on en a des milliers qui circulent sur nos routes avec des formations douteuses, principalement venant de Brampton, en Ontario », estime-t-il.
Les « chauffeurs au rabais », souvent recrutés dans ce centre logistique ontarien, se déclarent travailleurs autonomes pour contourner les cotisations sociales, ce qui favorise une main-d’œuvre sous-payée et parfois insuffisamment formée, avec des risques pour la sécurité routière.
L’an dernier, J.E. et Le Journal ont enquêté à Brampton, où plusieurs immigrants ont dénoncé l’exploitation de certains employeurs et des réseaux de recrutement profitant de leur vulnérabilité.
Quelques mois plus tard, Le Journal a révélé qu’un proche du premier ministre Mark Carney tentait d’influencer les décisions du gouvernement. Tej Dulat, allié de longue date de Carney et important donateur du Parti libéral du Canada, faisait pression sur Ottawa pour empêcher un durcissement de la réglementation visant les « chauffeurs au rabais ».
À la suite de ces révélations, le Bloc Québécois a demandé à la commissaire au lobbying d’examiner le dossier.
L’administration Trump, elle, a réclamé « des actions concrètes », comme l’imposition de pénalités pour les propriétaires fautifs.
« Simplement viser les compagnies permet aux individus qui commettent des infractions de créer une nouvelle compagnie », se désolaient-ils.






