Voici un article du journal Le Devoir
Ces employés de la SAAQ recevront une formation spécialisée et pourront retourner patrouiller.
Le gouvernement du Québec a annoncé mercredi que les contrôleurs routiers seraient désormais munis d’une arme à feu afin d’être mieux protégés dans l’accomplissement de leur travail.
La nouvelle des intentions du gouvernement caquiste avait circulé lundi, sans confirmation officielle. C’est maintenant chose faite, le ministre des Transports, Jonatan Julien, et le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, ayant fait connaître leur décision par communiqué.
Les contrôleurs routiers pourront recommencer à patrouiller sur les routes du Québec afin de s’assurer que les poids lourds, les autobus et autres véhicules respectent les lois et ne sont pas un danger pour les autres quand ils circulent.
Ils avaient cessé d’effectuer cette partie de leur travail au mois de mars, après qu’un jugement du Tribunal administratif du travail (TAT) l’avait qualifiée de dangereuse. Ils étaient depuis confinés dans leurs postes de pesée et devaient se contenter d’attraper les véhicules potentiellement dangereux qui s’y arrêtaient.
Les contrôleurs recevront une formation spécialisée sur l’usage d’une arme à feu en collaboration avec l’École nationale de police du Québec, « selon les mêmes standards que ceux des corps policiers », promet-on.
« Le choix de l’arme de service, les formations à venir et la mise en œuvre du plan d’action constituent des leviers concrets pour assurer la sécurité des contrôleurs routiers et leur retour sur nos routes », a précisé le ministre Julien.
Nouvelles normes après un blâme du TAT
Il est aussi précisé que la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a procédé à un changement en profondeur de l’ensemble de ses pratiques relatives au travail des contrôleurs routiers en déposant à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail un plan détaillé pour répondre à chacune des 27 exigences formulées par le TAT dans son jugement.
La juge administrative Danielle Tremblay y avait déclaré que l’employeur — la SAAQ — ne respectait pas bon nombre de dispositions de la Loi sur la santé et la sécurité du travail qui visent à assurer la sécurité des travailleurs.
« Nous avions annoncé, le 29 septembre dernier, notre volonté ferme de renforcer la surveillance et la sécurité sur le réseau routier. Aujourd’hui, nous franchissons une étape décisive pour mieux faire respecter nos lois et nos règlements à cet effet. En permettant aux contrôleuses et contrôleurs routiers de porter une arme à feu pour effectuer leur travail, nous les protégeons davantage, de même que toute la population », a déclaré le ministre Lafrenière.
Lundi, le président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec, Jean-Claude Daigneault, s’était réjoui des intentions du gouvernement, rappelant que le port d’armes à feu était une demande du corps de métier vieille de plus de 40 ans.
Les interceptions routières sont toutefois devenues plus dangereuses au cours des dernières années, a-t-il souligné. Les contrôleurs sont appelés à intervenir auprès de camionneurs transportant des cargaisons illégales et de conducteurs recherchés par la police qui sont parfois armés.

