Voici un article de TVA Nouvelles

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La Société de l’assurance automobile du Québec dépense des millions de dollars en publicités de peur pendant que les contraventions aux camions lourds s’effondrent sur les routes québécoises, déplore l’industrie du camionnage.

« En ce moment, c’est un bar ouvert sur la route parce qu’on n’a aucune crainte d’être intercepté et de recevoir des amendes », dénonce Marc Cadieux, président de l’Association du camionnage du Québec.

En 2025, Contrôle routier Québec n’a signifié que 16 047 constats d’infraction aux conducteurs et exploitants de véhicules lourds. En 2024, ce total atteignait 34 214. Une chute de 53 % en un an, confirmée par les données de la SAAQ.

Constats d’infraction aux véhicules lourds
Signifiés aux conducteurs de véhicules lourds et aux propriétaires/exploitants au Québec
Catégorie d’infraction20242025Variation
Immatriculation27031471-46%
Règles de circulation82801525-82%
Signalisation routière4185541-87%
Heures de conduite2089274932%
Autres16 9579761-42%
Total34 21416 047-53%
Source : SAAQ

En mars 2025, le Tribunal administratif du travail a ordonné la suspension des interventions non planifiées des contrôleurs routiers. Depuis 15 mois, ils sont confinés aux postes de pesée, en attendant que leur employeur, la SAAQ, garantisse leur sécurité sur le terrain.

Ce vide de surveillance profite aussi aux camionneurs illégaux. L’Association du camionnage du Québec mène depuis des années un combat contre ces chauffeurs au rabais, peu formés, qui travaillent pour une fraction du salaire régulier.

L’argent mal dépensé

Pendant ce temps, la SAAQ a lancé en mai la campagne « Un mort par jour », avec des publicités télévisées. Le message rappelle que 371 personnes ont péri sur les routes québécoises en 2025.

La campagne coûtera 3,8 M$ au total, soit quatre phases de 950 000 $ chacune, production et diffusion comprises, indique la SAAQ.

« On dépense pour effrayer la population, alors que c’est les chauffeurs qui devraient craindre d’être intercepté, d’être mis à l’amende et de perdre leur permis », lance Marc Cadieux.

Pour le représentant des camionneurs québécois, « les délinquants de la route n’écouteront pas ce genre de message ».

La SAAQ rejette l’expression « bar ouvert ». Son porte-parole Simon-Pierre Poulin soutient que les policiers « disposent des pouvoirs nécessaires et de l’assistance des contrôleurs routiers au besoin pour mener des opérations ciblées ».

« La prévention est un levier important pour la sécurité routière, comme le contrôle et la réglementation », ajoute-t-il.

Mettre des agents sur le terrain

Depuis que les contrôleurs routiers ont quitté la route, les infractions aux règles de circulation ont fondu de plus de 80 % au Québec.

Marc Cadieux réclame des opérations policières concertées dans toutes les régions.

« Ce serait un meilleur retour sur investissement, les amendes rapporteraient de l’argent et on aurait beaucoup plus d’impact sur le terrain », dit-il.

La SAAQ affirme avoir soumis des plans d’action à la CNESST pour une reprise graduelle de la patrouille des contrôleurs routiers. Le TAT avait conclu que la société d’État manquait à ses obligations : méthodes inadéquates, armement insuffisant, mauvaise coordination avec les corps policiers.